Il a tout d’un grand sauf le prix !

Introduction

Ce test a été réalisé en deux étapes : une première fois en septembre dans le showroom Xtrem Screen, en Alsace, lors d’une démonstration publique des trois nouveaux vidéoprojecteurs 4K de Sony, à savoir le Sony VPL-VW260ES, le Sony VPL-VW360ES et le Sony VPL-VW760ES, et une deuxième fois chez moi en décembre.

Le Sony VPL-VW260ES représente un véritable événement dans le monde de la vidéoprojection car il est tout simplement le premier vidéoprojecteur 4K natif à matrices LCD à descendre en dessous de la barre des 5000 €. En outre, il vient combler un manque dans la gamme Sony, à savoir la tranche tarifaire jusque-là vacante entre 3000 et 7000 €.

Présentation

Le Sony VPL-VW260ES est un projecteur 4K natif à matrices LCD réflectives, nommées SXRD chez Sony. Selon Maxime Lemoine, le responsable commercial de Sony France pour les vidéoprojecteurs home cinéma, ces matrices sont nouvelles, et ce sont les mêmes sur tous les projecteurs 4K de la marque, du Sony VPL-VW260ES jusqu’au Sony VPL-VW5000ES. Ce projecteur est également compatible 3D et HDR.

Au niveau équipement, le Sony VPL-VW260ES est doté d’une optique et d’un lens-shift motorisés, du dispositif d’aide à la fluidité appelé « Motionflow » (activable seulement en Full HD) et du « Reality Creation » qui permet d’accentuer la netteté. Contrairement au Sony VPL-VW360ES, placé juste au dessus dans la gamme, le Sony VPL-VW260ES n’a pas d’iris, ni de mémoire de zoom, ni de système de calibrage automatique. Ce sont bien là les seuls différences notables entre les deux projecteurs.

Le flux lumineux maximum du Sony VPL-VW260ES est donné pour 1500 lumens. La durée de vie de la lampe en mode Eco est donnée pour 6000 h. La coque se décline en version blanche ou noire.

Le prix public indicatif est de 4999 €.

Rapport de projection : 1,38 à 2,83.

Lens-shift : + 85% / – 80% en vertical et +/- 31% à l’horizontal.

Bruit de fonctionnement

Le bruit de fonctionnement de ce projecteur est très variable car la vitesse des ventilateurs est asservie sur la luminosité des scènes projetées, il est donc difficile de donner des mesures. Toutefois, le Sony VPL-VW260ES peut être qualifié de machine silencieuse, sans atteindre les performances des générations précédentes dans ce domaine.

Piqué – Netteté

Selon Maxime Lemoine, le contrôle qualité est devenu beaucoup plus exigeant concernant les optiques des projecteurs 4K. Et bien, cela se retrouve complètement dans la précision des images délivrées par ce Sony VPL-VW260ES, comme vous pouvez le constater sur la mire UHD ci-dessous (photos non compressées).

Mire UHD complète

Voici des photos toujours de la même mire, mais en zoomant avec l’appareil photo sur la partie intéressante. Il y a 9 lignes qui vont en se resserrant, le but étant de pouvoir toutes les compter distinctement.

Ce n’est pas parfait, mais on arrive malgré tout à compter les 9 lignes sans trop de problème, ce qui montre que le Sony VPL-VW260ES est capable de reproduire une mire UHD. Certes, vous pourriez me dire « rien de plus normal pour un projecteur 4K natif », mais ce n’est pas si facile pour une machine à matrices LCD qui a tendance à être désavantagée sur ce plan par rapport à la technologie mono-DLP.

Le « Reality Creation » est aussi de très bonne facture, d’autant plus qu’il a encore été amélioré par rapport à la génération précédente. Ainsi, on peut le monter assez haut sans voir apparaître d’artefacts.

Par ailleurs, c’est connu, la netteté d’un projecteur à matrices LCD dépend beaucoup de la convergence de ces dernières. Le Sony VPL-VW260ES que j’ai pu observer avait de très bonnes convergences. Jugez-en par vous-même ci-dessous à partir d’écritures blanches.

Fluidité

La fluidité est toujours aussi bonne chez Sony, avec ou sans MotionFlow, mais on peut quand même regretter l’absence de ce dispositif pour les images Ultra HD / 4K, fonctionnalité réservée aux projecteurs plus haut de gamme de la marque (au dessus de 10 000 €). En effet, le MotionFlow nécessite un processeur (X1 Extreme) plus puissant, donc plus cher. Pour ma part, bien que très sensible au manque de fluidité, je n’ai pas été gêné par l’absence du MotionFlow en 4K, mais je préfère largement la possibilité de pouvoir l’activer, comme le permettent le Sony VPL-VW760ES et le Sony VPL-VW5000ES.

Luminosité

Avec 1500 lumens maximum, le Sony VPL-VW260ES ne fait pas partie des vidéoprojecteurs home cinéma les plus lumineux du marché, mais contrairement à l’habitude des constructeurs, cette valeur n’est pas farfelue et correspond bien au flux lumineux avec des couleurs justes ! Ainsi, j’ai mesuré un peu plus de 1400 lumens en lampe haut, sur les modes usines avec les couleurs les plus justes et après calibration. Quand on sait que 800 lumens suffisent pour illuminer un écran de 3 mètres de base, le Sony VPL-VW260ES a de quoi satisfaire la majorité des consommateurs, et il peut même se permettre le luxe d’arroser 4 mètres de base !

Concernant le HDR, il ne faudra pas dépasser 3 mètres de base, mais les meilleurs résultats seront obtenus jusqu’à 2,50 mètres afin d’obtenir des pics lumineux supérieurs à 100 nits.

Profondeur des noirs – Contrastes

Le contraste séquentiel est supérieur à 13 000:1, ce qui classe le Sony VPL-VW260ES parmi les très bons élèves dans ce domaine, 3000:1 étant la valeur minimum pour commencer à disposer de noirs profonds.

Quant au contraste ANSI, toutes les mesures effectuées après calibration étaient comprises entre 400:1 et 450:1, des valeurs records pour un projecteur à matrices LCD !

Les vidéoprojecteurs qui arrivent à atteindre de telles valeurs à la fois pour le contraste séquentiel et le contraste ANSI sont rares. Cela fait du Sony VPL-VW260ES une machine très homogène concernant le contraste, ce qui permet de bénéficier d’images magnifiques des scènes les plus sombres jusqu’aux plus claires.

Le HDR

Certes, la luminosité n’est pas suffisante pour du HDR sur de grandes bases (plus de 3 mètres), et il vaudrait mieux se limiter à 2,50 mètres afin de bénéficier de pics lumineux puissants, mais, point très positif en faveur du Sony VPL-VW260ES, le HDR est parfaitement opérationnel dès la sortie de carton, c’est quasiment du « plug and play ».

Le HDR est vraiment beau, la capacité du Sony VPL-VW260ES à délivrer des noirs profonds n’y est sans doute pas pour rien.

Lors de la démonstration publique, dans les locaux de Xtrem Screen, la majeure partie du temps le Sony VPL-VW260ES a été utilisé en HDR sur un écran de 2,50 mètres de base avec la toile Daylight Reference 1.1 Gen 2, des conditions quasi idéales pour bien exploiter ce projecteur. Mais, des essais HDR ont aussi été faits sur 3 mètres de base avec la toile Daylight 0.9. Certes, dans ce cas les pics lumineux n’étaient pas des plus impressionnants, mais le rendu HDR restait très correct, ce qui montre qu’avec cette machine le HDR reste possible jusqu’à 3 mètres de base, mais pas au-delà.

Colorimétrie

Comme à son habitude, Sony a réservé les couleurs les plus justes au mode « Référence » dont voici les relevés ci-dessous.

Les couleurs du Sony VPL-VW260ES sont relativement justes dans ce mode « Référence » et ne nécessitent pas vraiment de calibration. Toutefois, je me suis tout de même livré à cet exercice pour tester les performances du CMS (Color Management System), le moins que je puisse dire est que je n’ai pas été déçu.

La calibration n’a pas améliorée le diagramme CIE et celui de la luminance des couleurs, mais il faut bien avoir conscience que ces deux diagrammes correspondent à des couleurs à 100% d’intensité et 100% de saturation, ce qui est rare dans les films. En revanche, les relevés colorimétriques étaient quasi parfaits à 100% d’intensité et 75% de saturation des couleurs, ce qui est nettement plus important pour disposer de couleurs justes.

Calibrer un vidéoprojecteur Sony est souvent un vrai plaisir tellement cette marque est performante dans ce domaine, eh bien le Sony VPL-VW260ES ne déroge pas à la règle !

Impressions subjectives

Ce n’est pas compliqué, selon moi le Sony VPL-VW260ES est une sorte de « bébé VPL-VW550ES ». Il n’ a vraiment pas grand chose à lui envier, à part une plus forte luminosité et un meilleur équipement. Autre façon de voir les choses, le Sony VPL-VW260ES est quelque part le remplaçant du Sony VPL-VW320ES, mais avec une optique qui a toutes les chances d’être meilleure puisque le contrôle qualité s’avère maintenant être plus exigeant, et à 2000 € de moins. C’est dire si le Sony VPL-VW260ES représente une occasion incroyable de bénéficier d’une image 4K de toute beauté, à un prix totalement inédit !

Les noirs sont vraiment profonds, à tel point qu’il m’a été difficile de discerner les bandes cinemascope sur les écrans Dynamic Black Contour de Xtrem Screen. J’ai vraiment l’habitude de ce type d’écran, puisque j’en utilise un chez moi, eh bien je peux vous assurer que peu de projecteurs sont capables d’un tel tour de force !

Avec son fort piqué, ses noirs profonds et une image naturelle dont Sony a le secret, le Sony VPL-VW260ES m’a donné tout autant de plaisir qu’un petit DLP 4K tel que l’Optoma UHD65, mais avec une image plus équilibrée car les noirs du Sony sont nettement plus profonds.

Voici maintenant quelques photos d’images tirées du film « Sully ». L’écran est un Xtrem Screen Zero Frame Ultra Black Contour de 2,50 mètres de base avec la toile Daylight Reference 1.1 Gen 2.

Conclusion

Si ce Sony VPL-VW260ES n’est pas voué à connaître un vif succès commercial, alors je ne comprends plus rien à la vidéoprojection. Il faut dire que nous avons tant attendu cette démocratisation de la 4K en vidéoprojection, que nous n’allons pas bouder notre plaisir. Et ce ne sont pas les petits DLP 4K qui risquent de faire de l’ombre au Sony VPL-VW260ES tellement ce dernier est supérieur par la profondeur des noirs qu’il délivre. Mais le plus important est de souligner l’homogénéité de ce projecteur qui n’a pas de véritable point faible.

Le Sony VPL-VW260ES est un véritable O.V.N.I. dans le monde de la vidéoprojection, un peu comme le Sony VPL-HW45ES, mais en version 4K, à tel point qu’il s’avère quasiment sans concurrence à ce prix.

Les plus

  • Le piqué
  • La profondeur des noirs
  • La fluidité malgré l’absence du MotionFlow en 4K
  • Le prix : premier vidéoprojecteur 4K à moins de 5000 € !
  • Le contraste ANSI

Les moins

  • MotionFlow non activable en 4K
  • Luminosité insuffisante pour le HDR sur des bases supérieures à 3 mètres
  • Pas de mémoire de zoom

Pour discuter de ce test, je vous invite à le faire sur le forum Cin&Son.

Cet article a été rédigé par Hervé Thiollier – Consultant / installateur home cinéma – Calibreur vidéo – Revendeur Oppo et de matériel home cinéma toutes marques.

Site web : ht-consulting.pro

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