Guide d’achat – Bien choisir son écran de projection

Bien choisir son écran de projection est capital !

 

L’écran de projection est bien trop souvent le parent pauvre d’une installation de vidéoprojection. Ainsi, on voit souvent, dans un salon au plafond blanc et aux murs clairs, un modeste écran enroulable à 200 €, avec des bords qui finissent par rebiquer et une toile aux qualités douteuses. Pourtant, il faut bien avoir conscience que l’écran est capitale dans une installation de vidéoprojection, car c’est bien l’image réfléchie par la toile que l’on regarde !
Investir quasiment tout le budget dans le vidéoprojecteur et laisser des miettes pour l’écran de projection est donc une erreur grave, qui ne peut donner qu’un résultat décevant. C’est presque l’inverse qu’il faudrait faire, c’est-à-dire faire un effort financier conséquent sur l’écran lorsque l’on débute en vidéoprojection, et monter en gamme sur le projecteur par la suite. Faire de la vidéoprojection c’est un peu comme construire une maison, il faut des fondations solides pour ne pas connaître certaines désillusions. Concrètement cela veut dire qu’il faut particulièrement soigner le couple écran/environnement.

 

Une toile de projection adaptée à l’environnement

Une toile blanche, même de grande qualité, n’est la panacée en toutes circonstances. Certes, une très bonne toile blanche, placée dans une salle dédiée très sombre, est un choix judicieux, mais est-ce encore le cas en pièce de vie ? En général, non, à moins que la pollution lumineuse soit traitée, c’est-à-dire que le voisinage de la toile soit assombri à l’aide de tissus foncés. Donc, pour faire simple, en pièce de vie, avec un plafond blanc et des murs clairs, il est souvent plus judicieux de choisir une toile grise dite « technique » ou « à contrôle de lumière », et en salle dédiée bien sombre, on fait ce que l’on veut.

Toile Daylight 0.9 en pièce de vie

Le problème est qu’un écran doté d’une toile technique est cher, en particulier s’il s’agit d’un écran motorisé, mais c’est un peu le passage obligé si on désire avoir une image bien contrastée, sans avoir à effectuer des aménagements qui impactent de manière importante la décoration de la pièce.
Toutefois, si vous n’avez pas le budget pour acquérir un écran technique de qualité, il vaut mieux éviter le low cost et envisager un léger traitement de la pollution lumineuse.

Pièce de vie traitée contre la pollution lumineuse

 

La planéité de la toile est un critère important

En général, la toile d’un écran fixe est bien tendue, il est donc rare d’avoir des gondolements dans ce cas. Les problèmes de planéité se rencontrent plutôt en ce qui concerne les écrans enroulables. Un tel écran, bien conçu et fabriqué avec soin, n’a aucune raison de gondoler, alors si cela se produit c’est une raison suffisante pour faire appel au service après vente. En revanche, les bords qui rebiquent est un problème ultra courant. Cela est dû à la « mémoire de forme » puisque la toile passe la majeur partie du temps à être enroulée. La technique la plus simple pour lutter contre ce phénomène est d’utiliser un système de tension, c’est-à-dire qu’un fil ou qu’un câble tire sur les bords de la toile afin d’assurer une planéité parfaite.

 

Ecran motorisé tensionné Stewart

 

Par ailleurs, la planéité d’une toile « technique » est particulièrement recommandée car toute gondole à tendance à beaucoup plus se voir que pour une toile blanche traditionnelle. C’est la raison pour laquelle les écrans techniques enroulables sont presque toujours dotés d’un système de tension de la toile.

 

La texture et l’uniformité de la toile sont importantes afin de favoriser le piqué

Une toile de projection ne doit pas être parfaitement lisse, mais légèrement granuleuse afin de diffuser la lumière. Si la surface était trop lisse, alors il se produirait un moiré ou un phénomène de point chaud (hot spot), c’est-à-dire une zone de brillance et de concentration de la lumière. Mais il y a un compromis à faire entre une surface trop lisse ou trop granuleuse.
On entend parfois parler de toile certifiée 4K ou 8K. En fait, cela n’a pas vraiment de sens puisqu’il n’existe aucune norme, ni aucun institut capable de garantir une telle « certification ». Mais vous pouvez retenir que plus le grain ou le tissage d’une toile est fin et meilleur devrait être le piqué.

Pour une toile technique, la situation est un peu différente, car, contrairement aux toiles traditionnelles, leur principe physique n’est pas basée sur la diffusion de la lumière. Il ne sert donc à rien de regarder la finesse du grain car ces toiles sont plutôt lisses, mais il faut plutôt s’intéresser à leur effet de paillettes qui apparaît de manière plus ou moins évidente sur les aplats clairs de l’image. C’est essentiellement cet effet de paillettes qui va permettre de distinguer les meilleures toiles, pour lesquelles il est très discret, des toiles low cost, pour lesquelles il peut être assez fort.

 

La neutralité de la toile ne doit pas être négligée

Dans l’idéal une bonne toile de projection devrait être parfaitement neutre, c’est-à-dire qu’elle ne devrait pas modifier l’image, que ce soit sur le plan colorimétrique ou concernant sa « propreté ». Malheureusement la réalité du terrain est tout autre, et la plupart des toiles ne sont pas neutres. Cela commence par le manque de neutralité vis-à-vis de la colorimétrie. C’est dommage car les fabricants de projecteurs font de plus en plus d’efforts pour que le consommateur dispose d’une colorimétrie relativement juste en sortie de carton. Et, cela se poursuit souvent par le rendu un peu « sale » que délivrent certaines toiles, souvent fabriquées en Chine.

La neutralité est aussi un critère à prendre en considération concernant le choix d’une toile technique. Cela va se concrétiser par une dérive colorimétrique la plus légère possible et par un effet de paillettes le plus discret possible pour les meilleures d’entre-elles.

 

Quelle taille d’écran choisir ?

Je vous recommande de lire cet article que j’avais écrit à ce sujet.

 

 

Conclusion

Le choix d’un écran de projection est une tache bien difficile, et s’il avait fallu être exhaustif, c’est carrément un traité qu’il aurait fallu écrire.
Je vais donc prêché pour ma paroisse en vous recommandant de faire appel à un professionnel spécialisé dans ce domaine, et encore pas n’importe lequel, afin de s’y retrouver dans cette jungle des écrans de projection. Toutefois, ce guide devrait au moins vous permettre d’éviter les erreurs les plus courantes.

 

Pour aller plus loin

 

 

Cet article a été rédigé par Hervé Thiollier – Consultant / installateur home cinéma – Calibreur vidéo – Revendeur Oppo et de matériel home cinéma toutes marques.

Site web : ht-consulting.pro

Laisser un commentaire