Test – Benq W11000

 

Introduction

 

 

J’étais tout excité à l’idée de tester ce premier projecteur DLP 4K, mais l’excitation a vite laissé la place à la déception dès les premières scènes nocturnes projetées. En effet, le Benq W11000 n’est pas très à l’aise dès que l’image s’obscurcit car il a bien du mal à délivrer des noirs profonds. En revanche, il excelle pour les scènes de jour, délivrant parfois une image absolument stupéfiante par sa précision et son éclat. C’est ce que nous allons voir au cours de ce test.

 

Présentation

Le Benq W11000 utilise la toute nouvelle puce DLP 4K Ultra HD 0,66 pouces de Texas Instruments.

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Avec ses 2716 x 1528 pixels (4,15 millions de pixels), cette puce possède nativement deux fois plus de pixels qu’une puce DLP Full HD classique (1920 x 1080 = 2,07 millions de pixels). Ensuite, pour atteindre une résolution Ultra HD, Texas Instruments utilise un procédé de simulation 4K, nommé XPR. Celui-ci consiste à faire basculer très rapidement et de manière répétitive, les 4,15 millions de micro-miroirs présents sur la puce. Ainsi, pour chaque image, un micro-miroir va donc afficher successivement deux pixels, donnant ainsi l’illusion d’une image Ultra HD native, selon Texas Instruments.

Au niveau équipement, le Benq W11000 n’est pas très bien doté pour un projecteur de ce prix (5990 €) puisque son objectif (zoom et focus) et son lens-shift sont manuels, il n’est pas compatible 3D ou HDR, et il ne dispose pas de dispositif d’aide à la fluidité. En revanche, il est équipé d’un iris dynamique.

 

 

Rapport de projection : 1,37 à 2,36.

Pour une base de 3 m, il vous faudra donc au minimum 4,11 m de recul (3 * 1,37 = 4,11 m), et au maximum 7,08 m (3 * 2,36 = 7,08 m).

Lens shift +/- 27 % à l’horizontal ; +/- 65 % en vertical.

Le flux lumineux maximum est donné pour 2200 lumen, mais si vous comptez avoir des couleurs justes et à la norme de luminance (48 cd/m²), il ne faudra pas espérer illuminer beaucoup plus que 4 mètres de base.

Trois niveaux d’éclairage sont disponibles : Eco, SmartEco et Normal. Le niveau SmartEco est un dispositif propre à la marque pour lequel la luminosité de la lampe s’adapte à celle de l’image. Pour en savoir plus sur le dispositif SmartEco, cliquer ici.

 

Matériel utilisé

  • Un Benq W11000.
  • Un écran motorisé Xtrem Screen de 2 m de base avec la toile Absolute Reference White 1.0.
  • Un écran Xtrem Screen Zero Frame UBC de 2 m de base avec la toile Daylight Reference 1.1 Gen2.
  • Un écran motorisé Xtrem Screen de 2,50 m de base avec la toile Daylight 0.9.
  • Un lecteur de Blu-Ray Ultra HD Samsung UBD-K8500.
  • Un colorimètre X-Rite i1 Display Pro profilé sur un spectrophotomètre X-Rite i1 Pro.

 

Bruit de fonctionnement

J’ai trouvé le Benq W11000 plutôt silencieux, que ce soit en mode lampe Eco ou Normal.

J’ai effectué quelques mesures au décibelmètre, l’appareil étant placé devant le projecteur à 50 cm. J’ai mesuré le bruit résiduel dans la pièce à 32 dB.

Voici mes mesures :

  • Mode usine « Vivid » : 36 dB en Eco, 38 dB en SmartEco et en Normal.
  • Mode usine « Silence » : 35 dB en Eco.

 

Piqué – Netteté

Voilà bien un point sur lequel j’attendais le Benq W11000, et il ne m’a vraiment pas déçu ! Que ce soit pour les inscriptions des menus ou pour n’importe quelle image en général, l’image est ciselée, d’une précision diabolique. Malgré le fait que la puce DLP ne soit pas 4K native, on a vraiment la sensation de la 4K.

J’ai pu faire une comparaison directe avec un Sony VPL-VW520ES et ses matrices 4K natives. Il m’a été impossible de départager la netteté des deux machines, même en me plaçant à 2,50 mètres d’un écran de 2,73 mètres de base. C’est dire si ce Benq W11000 est vraiment un champion du piqué !

Je vous propose maintenant des photos d’images tirées du Blu-Ray UHD « L’odyssée de Pi ». J’ai choisi ces images car elles comporte des écritures, ce qui permet de se donner une vague idée de la netteté. Alors, que l’on soit bien d’accord, des photos ne prouvent rien, et elles sont surtout là pour agrémenter le test.

 

Fluidité

Le Benq W11000 ne dispose pas de dispositif d’aide à la fluidité (interpolation d’image) et c’est bien dommage, car j’ai trouvé la fluidité plutôt bonne mais pas excellente. Que ce soit pour des images Full HD ou Ultra HD, j’ai ressenti un très léger manque de fluidité qui m’a un peu gêné. Il est vrai que je suis assez sensible dans ce domaine, et lorsque qu’un projecteur est équipé d’une interpolation d’image bien gérée, je l’utilise systématiquement.

 

Profondeur des noirs – Contrastes

Quelques rappels pour commencer. Le contraste séquentiel (on dit aussi on/off) permet d’évaluer la profondeur des noirs des scènes sombres. Pour ma part, j’estime qu’un contraste séquentiel commence à être bon à partir de 3000:1. Le contraste ANSI, qui est mesuré avec une mire comportant une proportion de 50 % de blanc, permet d’évaluer le contraste intra-image synonyme de dynamique. Pour ma part, j’estime qu’un contraste ANSI commence à être bon à partir de 300:1.

J’ai mesuré ces contrastes après calibrage. La lampe était en mode Eco avec le Brillant Color activé. Le contraste séquentiel était de 1237:1 et le contraste ANSI de 565:1.

Le contraste séquentiel est donc relativement faible pour un projecteur de ce prix, ce qui explique une résiduelle de noir assez élevée. C’est LE point faible de ce projecteur. Cela le place même en-dessous de machines de la même marque comme le W2000 ou le W3000.

L’iris dynamique n’est pas vraiment exploitable car il souffre d’un effet de pompage trop important. Et c’est bien dommage car ce dispositif est parfois bien utile pour les projecteurs DLP.

Il est à noter que j’ai constaté une fuite de lumière en direction du plafond, ce qui n’arrange pas la profondeur des noirs, en particulier lorsque le projecteur est utilisé dans une pièce au plafond blanc. Toutefois, de par sa taille, ce projecteur est avant tout destiné aux salles dédiées, et dans ce cas ce problème n’en est plus vraiment un, mais il est regrettable de rencontrer ce genre de défaut pour une machine haut de gamme.

En revanche, le Benq W11000 possède un contraste ANSI de champion. Et ça se voit ! Les images de jour sont splendides. Le cocktail « fort piqué + fort contraste intra-image + fort contraste inter-pixels + bonne MTF (fonction de transfert de modulation) + bonne luminosité » est absolument détonnant, et ça procure un « effet waouh » des plus remarquables.

Pour compenser la faiblesse des noirs des scènes nocturnes, j’ai associé le Benq W11000 à des toiles grises techniques, en l’occurrence la Daylight 0.9 et la Daylight Reference 1.1 Gen 2. Ces deux toiles ont comblé en partie ce ressenti d’un manque de noir, sans faire de miracles malgré tout. Et, c’est avec l’écran Zero Frame UBC que l’expérience a été la plus concluante, avec des noirs tout à fait corrects. Il est à noter que le Benq W11000 ne génère pas particulièrement d’effet de paillettes sur ces toiles, bien au contraire, c’est le signe d’une optique de qualité. Ce phénomène était très léger sur la Daylight 0.9 et inexistant sur la Daylight Reference 1.1 Gen 2.

 

Colorimétrie

Chers lecteurs, je ne vais pas vous cacher que j’ai manqué de temps car j’ai dû rendre le projecteur plus rapidement que prévu. Je n’ai donc pas pu faire toutes les mesures que j’aurais voulu. Toutefois, j’ai calibré deux fois ce Benq w11000, la première à partir du mode usine « Silence » et la deuxième à partir du mode « Vivid », et je tiens à souligner la maîtrise de la colorimétrie que démontre cette marque, c’est vraiment très appréciable.

Manquant de temps et résolu à essayer d’obtenir les meilleurs noirs possibles, j’ai donc fait des paris. Ainsi, pour réaliser mon calibrage, je suis parti du mode « Vivid », lampe Eco, brillant color activé et gamma à 2,5.

J’ai également lu ceci dans le manuel d’utilisation :

DCTI/DLTI : Des algorithmes sophistiqués améliorent considérablement la couleur et la sortie de la lumière lors de la production des images avec des couleurs contrastées ou des niveaux claires et sombres. DCTI rehausse des couleurs éclatantes pour des transitions de couleurs drastiques sans interférence de bruit. DLTI réduit le bruit du changement rapide de luminance variée à une luminosité et un contraste optimisées. Le résultat est une qualité d’image avec les plus grandes profondeur d’image et performances de couleur.

J’ai sélectionné ces réglages, pensant que ça pouvait améliorer le contraste, mais je n’ai pas eu le temps de le vérifier.

 

Pré-calibrage

Le gamma présentait une moyenne à 2,4.

La température de couleur moyenne était à 6382 K.

 

Post-calibrage

Le gamma moyen était toujours de 2,4.

Cette courbe de gamma me plaît énormément car elle est relativement constante, mais elle chute légèrement pour les bas IRE ce qui permet de gagner en lisibilité dans les scènes sombres.

 

La température de couleur moyenne était de 6499 K (pour une cible à 6500 K).

Malgré le fait que le résultat de mon calibrage n’était pas parfait, le résultat visuel m’a beaucoup plus. En outre, mes paris se sont avérés plutôt gagnants puisque j’ai réussi à atteindre un contraste séquentiel de 1236:1, un résultat auquel je ne m’attendais pas. Certes, ce chiffre n’a rien de flamboyant mais je pensais obtenir bien pire !

 

Impressions subjectives

Je suis maintenant habitué aux projecteurs produisant des noirs profonds, il m’a donc été difficile de profiter pleinement du Benq W11000. Toutefois, pour les scènes claires, l’image est vraiment sublime, une des plus belles jamais vue.

Les photos ci-dessous servent surtout à agrémenter le test, elles ne sont pas forcément fidèles à ce que j’ai vu, en particulier la première où les noirs sur celle-ci sont beaucoup plus profonds qu’en réalité.

 

Conclusion

Le Benq W11000 n’est clairement pas destiné aux amoureux des noirs abyssaux, mais plutôt à ceux qui apprécient une image typée « cinéma », comme ce que peuvent produire des machines du type Christie ou Barco. Il est vrai que, contrairement au home cinéma, la profondeur des noirs n’est pas la priorité des exploitants de salles.

Donc, si vous recherchez avant tout la précision d’image, de l’éclat dans les scènes lumineuses et que vous ne tenez pas particulièrement à avoir des noirs d’encre, le Benq W11000 est sûrement fait pour vous.

 

Les plus

  • Un fort contraste ANSI
  • Une bonne luminosité
  • Une bonne colorimétrie en sortie de carton
  • La bonne gestion de la colorimétrie de Benq
  • Des scènes de jour sublimes
  • La netteté donnant la sensation d’une vraie 4K
  • Le silence de fonctionnement

 

Les moins

  • Les noirs, les noirs, les noirs …
  • Une fuite de lumière en direction du plafond
  • Un iris dynamique inexploitable
  • Le manque d’équipement pour un projecteur de ce prix : pas de motorisation pour l’objectif et le lens-shift, pas de 3D, pas de HDR et pas d’interpolation d’image

 

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Cet article a été rédigé par Hervé Thiollier, consultant / installateur home cinéma.

Site web : ht-consulting.pro

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