Une histoire de luminance

La luminance est la grandeur physique permettant de caractériser la luminosité d’une image. Elle s’exprime en candelas par mètre carré (cd/m²). En vidéoprojection, la norme SMPTE préconise une luminance de 48 cd/m² (avec une tolérance de plus ou moins 10 cd/m²) pour les pics lumineux. Mais d’où vient cette valeur ? Il s’agit en fait d’un compromis permettant de disposer d’une image confortable et suffisamment lumineuse. Mais c’est surtout une valeur pas trop difficile à atteindre pour les exploitants de salles de cinéma, sachant que pour ces professionnels, la puissance lumineuse coûte chère.

Faut-il respecter cette norme dans le domaine du home cinéma ? Voilà une question pertinente et qui fait parfois polémique.

Pour le home cinéma, contrairement aux exploitants de salles, on n’a pas vraiment de contrainte économique concernant la luminance. Alors, quand on sait qu’augmenter celle-ci permet de gagner en sensation de dynamique d’image, cela peut être intéressant. Certes, cela ne change rien au contraste intra-image, mais ça donne l’impression d’une image encore plus dynamique. C’est la raison pour laquelle je recommande souvent une luminance un peu supérieure à la norme, vers 60 ou 70 cd/m². Mais attention, cela n’est pas sans conséquences sur la résiduelle de noir. En effet, lorsqu’on augmente de x % la luminance des pics lumineux, on augmente aussi de x % celle de la résiduelle de noir. Il faut donc savoir être raisonnable et ne pas dépasser une augmentation de 50 %, ce qui amène les pics lumineux à 72 cd/m², une valeur n’ayant pas trop d’impact visible sur les noirs et permettant d’avoir une belle sensation de dynamique.

Je l’expliquais ici, avec la 3D, et maintenant avec le HDR, les projecteurs sont devenus de plus en plus lumineux. Cela est souvent catastrophique concernant les noirs pour les appareils ne disposant pas d’iris fixe. Ainsi, il n’est pas rare que la luminance dépasse largement 100 cd/m² pour les écrans de petite taille, il est donc délicat de conserver de bons noirs dans ces conditions. Pour remédier à ce problème, il existe toujours la possibilité de faire appel à un écran gris ou à un filtre gris neutre.

 

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Cet article a été rédigé par Hervé Thiollier – Consultant / installateur home cinéma – Spécialiste de la vidéoprojection en pièce de vie – Partenaire Xtrem Screen.

Site web : ht-consulting.pro

2 pensées sur “Une histoire de luminance

  • 12 mai 2017 à 10 h 31 min
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    Bonjour,

    Y a-t-il un moyen simple (pour un particulier) de mesurer la luminance obtenue dans son installation home cinéma?

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    • 12 mai 2017 à 19 h 30 min
      Permalink

      Pour commencer, il faut se procurer une mire 100 IRE. Ensuite, il faut mesurer l’éclairement (en lux), soit avec un luxmètre (environ 30 ou 40 € pour les premiers prix), soit avec son téléphone portable.
      La luminance (en cd/m²) est l’éclairement (en lux) divisé par PI (3,14).

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