Vidéoprojection : comment renforcer le contraste perçu ?

By |2018-12-01T04:35:30+00:0001 décembre 2018|Pédagogie|0 Comments

Vidéoprojection : comment renforcer le contraste perçu ?

Couvrez ces bandes grises que je ne saurais voir !

Qu’est-ce que le contraste ?

Il n’y a pas un contraste, mais plusieurs. En voici le détail.

Le contraste séquentiel

Le terme « contraste séquentiel » (on dit aussi contraste on/off) vient du fait que pour le mesurer, il faut diffuser l’une après l’autre, une mire noire, puis une mire blanche. Le contraste séquentiel est alors le rapport des luminances de chaque mire, comme vous pouvez le voir ci-dessous.

Contraste séquentiel = luminance de la mire blanche / luminance de la mire noire

Mais à quoi cela sert-il ? C’est simple, supposons que le contraste séquentiel d’un projecteur soit de 10000:1, eh bien cela signifie que le noir est 10000 fois moins lumineux que le blanc. Autrement dit, plus ce nombre est élevé et plus les noirs des scènes sombres seront profonds.

Le contraste intra-image

C’est un peu comme le contraste séquentiel, il faut aussi mesurer les luminances du noir et du blanc, mais cette fois-ci dans la même image. L’idée est d’évaluer la capacité d’un diffuseur d’image (télé ou vidéoprojecteur) à faire coexister dans la même image des noirs profonds et des blancs éclatants.

Le contraste intra-image le plus connu, ou en tout cas celui le plus souvent mesuré est le contraste ANSI. Il s’agit de diffuser une mire damier (voir photo ci-dessous) et de mesurer les luminances moyennes des cases noires et des cases blanches. Le contraste ANSI est alors le rapport entre la luminance moyenne des cases blanches sur la luminance moyenne des cases noires.

Contraste ANSI = luminance moyenne des cases blanches / luminance moyenne des cases noires

Mire damier pour mesurer le contraste ANSI

Le contraste perçu

Le contraste perçu est un contraste qui ne se mesure pas mais qui se ressent. C’est difficile à expliquer, et comme un dessin vaut mieux qu’un long discours, je vous propose de passer tout de suite dans le vif du sujet.

Entourer l’image d’un contour noir

Entourer l’image d’un contour noir est un trompe-l’œil très efficace pour renforcer le contraste perçu. C’est la raison pour laquelle les écrans de télés et de projection sont souvent entourés d’un contour noir. Mais cela pose problème pour les films au format cinemascope, c’est-à-dire le format le plus fréquent des films de cinéma. En effet, dans ce cas les bandes cinemascopes sont perçues comme grises, et forcément comme beaucoup moins noires que le contour noir de l’image. Cette technique devient alors contre-productive.

Pour remédier à ce problème, il existe deux méthodes en vidéoprojection. La première consiste à masquer ces bandes par des caches noirs amovibles lorsque l’écran est au format 16/9, comme vous pouvez le voir sur les photos ci-contre.

La deuxième consiste à choisir un écran au format 2.35. Dans ce cas, les films au format cinemascope se trouve détouré par un contour noir. Et que se passe-t-il pour les images au format 16/9, me direz-vous ? Eh bien, il faut réduire la largeur de l’image afin que celle-ci rentre complètement en hauteur, mais cette fois-ci on se retrouve avec des bandes grises verticales, à gauche et à droite de l’image. Cela dit, l’expérience montre que ces bandes verticales ont moins d’impact sur le contraste perçu que des bandes horizontales.

Supprimer toute référence de noir dans le champ de vision

Cette technique est utilisée depuis toujours au cinéma. En effet, si vous êtes observateur, vous avez dû remarquer que les écrans au cinéma ne comportent pas de contour noir. Ainsi, l’œil étant privé de toute référence de noir, les noirs dans l’image sont alors perçus comme plus profonds qu’ils ne le sont en réalité.

Mais cette technique fonctionne encore mieux lorsque la toile est grise, car celle-ci vient alors renforcer la profondeur des noirs. C’est le constat fait par quelques fabricants, notamment Xtrem Screen avec leur concept Dynamic Black Contour.

Utiliser un rétroéclairage LED

C’est ce que j’avais appelé en son temps « les écrans noirs abyssaux ». En effet, cette technique fonctionnant sur le principe du contre-jour, la pupille de l’œil se ferme partiellement, et les noirs de l’image sont alors perçus comme très profonds. Regardez les photos du slider ci-contre, en particulier l’effet du rétroéclairage sur le coin inférieur gauche de l’image. C’est bluffant, non ?

Attention, pour que ça fonctionne, il faut éviter que l’écran ait un contour noir large. En outre, pour que ça fonctionne avec une toile blanche, il faut que l’écran soit placé dans une salle dédiée, noire du sol au plafond, afin d’éliminer toute pollution lumineuse générée par le rétroéclairage LED. Si vous voulez utiliser cette technique en pièce de vie, éventuellement avec un plafond blanc et des murs clairs, vous ne pourrez pas faire autrement que d’utiliser une toile grise technique.

Cet article a été rédigé par Hervé Thiollier – Consultant / installateur home cinéma – Calibreur vidéo – Revendeur de matériel home cinéma toutes marques.

Site web : ht-consulting.pro

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