Test – Absolute Perfect White 1.7

Introduction

Je le disais déjà à l’occasion du banc d’essai de la Daylight 1.5, les tests des trois nouvelles toiles Xtrem Screen, la Daylight 1.5, l’Absolute Perfect White 1.7 et l’Absolute Perfect White 1.2, ont été réalisés dans les locaux de la société afin de disposer d’écrans complets. Et, en ce qui concerne l’Absolute Perfect White 1.7, je l’ai testée sur un écran Zero Frame Velours (écran cadre avec un petit contour d’un centimètre en velours noir) de 3.50 mètres de base, dans une salle dédiée noire du sol au plafond.

L’enjeu de ce banc d’essai sera de déterminer l’apport d’une toile blanche à fort gain, 1.7 en ce qui concerne la toile qui nous intéresse aujourd’hui, dans une salle dédiée. Un autre point à vérifier sera de voir si une telle toile présente des contreparties en termes de matité, de hotspot et de dérive colorimétrique.

Présentation de la toile Absolute Perfect White 1.7

L’Absolute Perfect White 1.7 est une toile blanche à gain positif (gain supérieur à 1). La marque indique un gain de 1.7, ce que je ne manquerai pas de vérifier.

Contrairement à la Daylight 1.5, l’Absolute Perfect White 1.7 n’est pas une toile à contrôle de lumière, autrement dit elle n’est pas destinée à être utilisée en pièce de vie mais plutôt en salle dédiée sombre. Chez Xtrem Screen l’appellation « Absolute » est réservée aux toiles blanches, ce qui est bien le cas de l’Absolute Perfect White 1.7.

Angles de vision – Hotspot

Les angles de vision sont aussi larges que ceux d’une toile blanche neutre de gain 1. En tout cas, il m’a été impossible de mettre en défaut cette toile dans ce domaine.

Venons-en au hotspot. L’Absolute 2.0, la toile qui a précédé l’Absolute Perfect White 1.7, présentait un léger hotspot dans certaines conditions, notamment lorsque le projecteur était placé près de la toile. Eh bien, ce n’est plus vraiment le cas de l’Absolute Perfect White 1.7. Malgré tout, je pense qu’il peut y avoir un très léger hotspot, mais ce défaut a été considérablement réduit par rapport à l’Absolute 2.0. Selon moi, il n’y a rien à craindre à ce sujet. Il s’agit là d’un véritable tour de force car il est très compliqué d’obtenir un gain proche de 2, tout en minimisant la sensation de hotspot, ce que Xtrem Screen a très bien réussi. Cela fait de l’Absolute Perfect White 1.7 une toile totalement unique !

Luminosité – Gain

Voilà bien le point le plus important de ce test ! En effet, la raison d’être de cette toile est de favoriser la luminosité du HDR et de la 3D. Est-ce le cas ? Nous allons le vérifier sans plus attendre.

Mais n’oublions pas que dans le domaine de la vidéo, le HDR a été développé avant tout pour les télévisions ! Il faut bien reconnaître que le pari est totalement réussi pour les meilleurs modèles de téléviseurs, avec un écart conséquent entre le SDR et le HDR. Qu’en est-il en vidéoprojection ? Dans ce cas, il est communément admis que le HDR commence à être intéressant lorsque les pics lumineux dépassent 100 nits. Cela est relativement difficile à atteindre pour les écrans dépassant 3 mètres de large, car cela nécessite des flux lumineux supérieurs à 1570 lumens, ce que peu de projecteurs sont capables de faire. Les machines qui s’en sortent le mieux dans ce domaine sont souvent des appareils laser, tels que l’Optoma UHZ65, le Sony VPL-VW760ES, le Sony VPL-VW870 ou le JVC DLA-Z1, des vidéoprojecteurs vraiment pas donnés puisque le moins onéreux des quatre est positionné à un prix public de 4500 € ! Alors, je l’ai souvent répété, quand on veut disposer d’un HDR convaincant sur une grande base d’écran (3 mètres et plus), soit on a les moyens de s’achèter une machine suffisamment lumineuse, soit on est malin et on fait appel à une toile à fort gain. L’Absolute Perfect White 1.7 pourrait donc être très intéressante, avec son gain de 1.7 !

Absolute Perfect White 1.7 (toile de fond) vs Absolute Reference White 1.0 (échantillon)

Voici les mesures de luminance obtenues avec une mire blanche (100 IRE) :

  • Sur toile blanche étalon (Absolute Reference White 1.0) : 63.9 cd/m².
  • Sur l’Absolute Perfect White 1.7 : 117.3 cd/m²

Gain de la toile = 117.3 / 63.9 = 1.84

Donc, selon ces mesures, le gain de l’Absolute Perfect White 1.7 ne serait pas de 1.7 mais plutôt de 1.8. Voilà une très bonne nouvelle !

Mais, chers lecteurs, peut-être vous demandez-vous à quoi sert une toile de gain 1.8 ? C’est simple, cela va permettre de multiplier par 1.8 la luminance des pics lumineux. Ainsi, si par exemple la luminance du blanc en HDR était de 60 nits avec votre toile blanche de gain 1, une valeur insuffisante pour bénéficier de pics lumineux puissants, l’Absolute Perfect White 1.7 vous permettrait d’obtenir un blanc à 108 nits (60 * 1.8 = 108 nits). Croyez-moi, cela change tout ! Les éléments brillants prennent une autre dimension, cela donne de la crédibilité et du dynamisme à l’image.

Dans le domaine de la vidéoprojection, avoir de la luminosité en réserve, c’est un peu comme disposer d’un moteur puissant pour sa voiture, on en a toujours besoin ! Cela va vous permettre par exemple de changer moins souvent la lampe de votre vidéoprojecteur, ou de faire fonctionner celle-ci au niveau bas pour gagner en silence.

N’oublions pas non plus la 3D ! Certes, cette technologie est en perte de vitesse d’un point de vue économique, mais sachant qu’une des causes est le manque de luminosité, on comprend très rapidement l’intérêt que peut présenter une toile telle que l’Absolute Perfect White 1.7.

Je vous propose maintenant une comparaison de l’Absolute Perfect White 1.7 avec la toile blanche à gain positif la plus fameuse au niveau international, j’ai nommé la Stewart Studiotek 130 G3. Comme vous pouvez le voir sur la photo, malgré son gain de 1.3, elle n’arrive pas à rivaliser en termes de luminosité avec l’Absolute Perfect White 1.7 ! En outre, la toile Stewart délivre une image beaucoup moins « propre » avec un effet de paillettes bien plus présent.

Profondeur des noirs

Avec l’Absolute Perfect White 1.7, on pourrait craindre une perte importante dans la profondeur des noirs, à cause de son gain élevé. Qu’en est-il ? Eh bien, il n’en est rien, comme vous pouvez le voir sur les mesures dans le tableau ci-dessous.

Ces mesures ont été effectuées avec un projecteur Epson EH-LS10000, ce dernier étant positionné au niveau du haut de l’écran. C’est donc à cet endroit que le gain maximum (j’ai mesuré 1.84 dans le paragraphe précédent) est obtenu concernant l’Absolute Perfect White 1.7. Quant à l’Absolute Reference White 1.0, son comportement est lambertien c’est-à-dire que son gain est constant quel que soit l’endroit de mesure.

Que nous apprennent ces mesures ? Eh bien elles sont riches d’enseignements, en voici l’essentiel :

  • Nous voyons que le contraste reste toujours à peu près le même et tourne autour de 11 000:1. L’Absolute Perfect White 1.7 n’augmente donc pas le contraste séquentiel mesuré contrairement aux toiles Daylight.
  • L’œil humain disposant d’une sensibilité assez faible dans les basses lumières, les écarts de résiduelle de noir entre les deux toiles sont imperceptibles.
  • Dans le pire des cas, c’est-à-dire en bas de l’écran, le gain chute à 1.25, ce qui est encore largement supérieur à une toile de gain 1.

Que faut-il retenir de ces mesures ? Le plus important est de bien comprendre que la perception de l’œil humain n’est pas linéaire, c’est-à-dire que celle-ci est beaucoup sensible aux hautes lumières. Autrement dit, en passant d’une toile blanche de gain 1 à l’Absolute Perfect White 1.7, vous ne vous rendrez absolument pas compte de la perte dans la profondeur des noirs, par contre le gain en luminosité vous sautera aux yeux ! Ainsi, vous aurez la sensation d’un énorme gain en dynamique d’image, comme si les images SDR étaient devenues du HDR ! Et pour les images HDR, l’Absolute Perfect White 1.7 leur rendra enfin justice !

Colorimétrie

Comme vous pouvez le voir dans les tableaux ci-dessus, les mesures diffèrent à partir de la 3ème décimale, voire à partir de la 4ème. Cela montre que la dérive colorimétrique engendrée par la toile Absolute Perfect White 1.7 est très légère, voire négligeable.

Malgré tout, une calibration ne serait pas inutile si vous faisiez l’acquisition de cette toile, notamment si vous souhaitiez exploiter à 100% votre ensemble de vidéoprojection, car passer d’une toile de gain 1 à une autre de gain 1.7 n’est pas totalement neutre.

L’avis du testeur, Hervé Thiollier.

Avec l’arrivée du HDR depuis quelques années, la luminosité c’est important. Ainsi, bénéficier de pics lumineux dépassant allégrement les 100 nits, est la meilleure façon de disposer d’un HDR bluffant ! Mais il ne faut pas se voiler la face, les projecteurs délivrant des noirs profonds et lumineux à la fois sont chers, très chers même ! C’est en ça que l’Absolute Perfect White 1.7 devient très intéressante, car elle apporte la luminosité manquant à beaucoup de projecteurs, tels que l’Epson EH-LS10500, les Sony VPL-VW270ES et VPL-VW570ES, les JVC DLA-N5 et DLA-N7, et encore bien d’autres, leur permettant ainsi de délivrer un HDR renversant, même sur des bases supérieures à 3 mètres, sans dépenser des fortunes. En outre, elle réalise cela sans véritable contrepartie, c’est-à-dire en délivrant une image « propre », avec un effet de paillettes et un hotspot minimisés.

D’autres toiles blanches à fort gain ont déjà existé par le passé, comme par exemple la DaLite High Power 2.4, mais celles-ci nécessitaient un placement minutieux du projecteur et des spectateurs, à tel point que ces derniers ne voyaient pas tous la même image en fonction de leur position dans la salle. Pour l’Absolute Perfect White 1.7, il n’y a rien à craindre, car sa technologie est différente. Ainsi, que votre projecteur soit placé au plafond ou sur tablette murale à mi-hauteur, qu’il soit près ou loin de l’écran, et quel que soit la position des spectateurs, chacun bénéficiera quasiment de la même qualité d’image !

Venons-en à mes impressions subjectives. C’est simple, j’ai eu une sensation de jamais-vu, dans le bon sens du terme, comme une impression d’atteindre mon Nirvana en vidéoprojection ! J’aime beaucoup la Daylight 1.5, en particulier en pièce de vie, mais pour la salle dédiée, l’Absolute Perfect White 1.7 m’a fait totalement chavirer ! Cela ne s’explique pas, il faut le vivre pour le comprendre, mais cette toile était l’un des éléments manquant pour réaliser mon tiercé gagnant : salle dédiée très sombre, image qui flotte dans le noir et forte dynamique d’image. Je suis donc en bonne voie pour atteindre mon Graal en vidéoprojection, il ne me manque plus qu’à trouver le vidéoprojecteur qui viendra sublimer l’ensemble.

Outre la forte dynamique d’image, ce qui m’a le plus impressionné, c’est cette sensation de relief dans l’image, comme un effet 3D. En comparaison, une toile blanche traditionnelle délivre une image plus « plate », avec moins de relief.

Information importante, l’Absolute Perfect White 1.7 est disponible en version micro-perforée. Elle devrait donc remplacer avantageusement votre toile micro-tissée, qu’elle soit une Cine-screen 4K Reference, une Lumene Acoustic ou une Screen Research ClearPix, les trois toiles transonores que je rencontre le plus souvent lors de mes tournées calibration, en particulier si vous avez la sensation de manquer de luminosité ! Le rendu de l’image sera aussi beaucoup plus propre car les toiles micro-tissées ont tendance à faire apparaître leur trame, ce qui est quand même regrettable, surtout si vous disposez d’un projecteur 4K !

Absolute Perfect White 1.7 (toile de fond) vs toile micro-tissée Cine-Screen 4K Référence (échantillon)

Et qu’en est-il pour le SDR ? Eh bien jugez-en par vous-même sur ces images du film « A la poursuite de demain ».

Sublime, non ?

Pour être très franc, je ne suis pas satisfait des photos car je trouve qu’elles ne rendent pas justice à la réalité, un peu comme si elles limitaient un peu la dynamique. C’est pourquoi je vous propose deux vidéos, que je trouve un peu plus fidèles à la réalité.

Et si on parlait un peu de tarif ? L’Absolute Perfect White est exactement au même prix que la Daylight 1.5, c’est-à-dire un positionnement « milieu de gamme » chez Xtrem Screen. C’est relativement raisonnable pour une toile à gain, sans équivalent sur le marché.

Conclusion

L’Absolute Perfect White 1.7 c’est un peu le messie du cinéma privé : enfin une toile blanche suffisamment lumineuse pour le HDR ! En outre, elle est également disponible en version micro-perforée, il y en a donc pour tous les usages.

J’ai aimé

  • La « propreté » de l’image, presque parfaite pour une toile à gain.
  • L’absence de hotspot visible.
  • Le gain de 1.8.
  • La dynamique d’image.
  • Les angles de vision très larges.
  • Le prix contenu pour une toile totalement unique.
  • La disponibilité sur tous les châssis de la marque.
  • La disponibilité en version micro-perforée.

J’ai moins aimé

  • Je cherche encore.

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L’Absolute Perfect White 1.7 c’est un peu le messie du cinéma privé : enfin une toile blanche suffisamment lumineuse pour le HDR ! En outre, elle est également disponible en version micro-perforée, il y en a donc pour tous les usages.

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  • La « propreté » de l’image, presque parfaite pour une toile à gain.
  • L’absence de hotspot visible.
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  • Les angles de vision très larges.
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Cet article a été rédigé par Hervé Thiollier – Consultant / installateur home cinéma – Calibreur vidéo – Revendeur de matériel home cinéma toutes marques.

Site web : ht-consulting.pro