Test BenQ LK990

BenQ LK990

Contexte

J’avais déjà vu fonctionner un Benq LK990 dans les locaux du fabricant en Ile-de-France, puis j’avais vu fonctionner son petit frère, le LK970, chez un passionné de vidéoprojection. Mais je n’avais jamais pris le temps de le tester. Pourtant l’envie était là, car ce que j’avais déjà vu me laissait entrevoir de belles promesses ! J’ai donc profité de la vente cet été d’un Benq LK990, pour rééquiper un cinéma privé d’exception (salle dédiée de 75 m², écran de 6.58 mètres de base image, etc.), pour enfin réaliser ce banc d’essai. Sans déflorer la teneur de ce test, je peux déjà vous dire que je n’ai pas regretté ! Voyons cela sans attendre davantage.

Présentation du BenQ LK990

Le Benq LK990 est un projecteur laser, mono-DLP (puce 0.67 pouces), à simulation 4K. Il dispose d’environ 4 millions de micro-miroirs, donc le double par rapport à un projecteur DLP full HD. Pour atteindre les 8 millions de pixels nécessaires à la définition ultra HD, il utilise un procédé de wobulation. Son flux lumineux maximum est donné pour 6000 lumens. Son prix public est de 12 499 €.

Il dispose d’un lens shift de grande amplitude :

  • à l’horizontal : +/- 25%
  • à la verticale : +/- 60%

Rapport de projection (écran 16/9) :

  • minimum : 1.38
  • maximum : 2.02

Caractéristiques physiques :

  • Dimensions (L x H x P) : 470.7 x 224.9 x 564.7 mm
  • Poids : 20.2 kg
BenQ LK990

Matériel utilisé

  • Un BenQ LK990
  • Un écran motorisé Xtrem Screen de 2 m de base avec la toile Absolute Reference White 1.0.
  • Un écran Xtrem Screen Zero Frame UBC de 2 m de base avec la toile Daylight Reference 1.1 Gen2.
  • Un écran motorisé Xtrem Screen Elite In-Ceiling de 2,90 m de base avec la toile Daylight 0.9.
  • Une box multimedia Zidoo X9S associée à une alimentation linéaire Keces Audio P3
  • Conditionneur de réseau électrique Keces Audio BP-1200
  • Un spectromètre CR-250RH et un colorimètre CR-100, tous les deux de marque Colorimetry Research.
  • Un générateur de mires Murideo Fresco Six-G

Bruit de fonctionnement

Bruit résiduel dans la pièce : 35 dB

Niveau sonore en Eco : 42 dB

Niveau sonore laser à fond : 45 dB

Vu la taille du Benq LK990 et vu le bruit de fonctionnement, il serait judicieux de le placer dans un local technique, mais j’ai quand même mesuré son bruit de fonctionnement. Le moins que l’on puisse dire est qu’il n’est pas silencieux, mais je ne l’ai pas trouvé si bruyant que cela pour un projecteur aussi lumineux.

Au passage je rappelle qu’un écart de 3 dB représente un doublement du niveau sonore !

Piqué – Netteté

Certes, le Benq LK990 n’est pas un projecteur 4K natif, comme on en trouve chez JVC ou Sony, mais le piqué et la netteté sont ses principaux points forts. Ce n’était évidemment pas une surprise pour moi car les projecteurs mono-DLP sont en général très bons dans ce domaine, surtout si leur optique est de qualité, ce qui est le cas du Benq LK990 (optique toute en verre). En outre, la wobulation fonctionne très bien avec les projecteurs DLP, et cela est d’autant plus vrai que le Benq LK990 dispose d’environ 4 millions de pixels donc le double par rapport à un projecteur Full HD. Enfin bref, le Benq LK990 est un champion du piqué et n’a rien à envier dans ce domaine aux projecteurs 4K natifs !

On voit ci-dessous que le Benq LK990 passe bien la mire ultra HD utilisée habituellement sur Home Cinéma Tendances. Ainsi, on arrive à distinguer les 9 lignes qui se rapprochent jusqu’au bout.

Mire

Fluidité

Le Benq LK990 ne dispose pas d’aide à la fluidité. Malgré tout j’ai été très surpris par sa fluidité. Il est même remarquable à ce sujet ! De quoi satisfaire les personnes n’aimant pas les dispositifs d’interpolation d’image.

Luminosité

Une fois calibré j’ai réussi à tirer 3500 lumens, de quoi rester à la norme de luminance pour un écran de plus de 6 mètres de base ! Et comme le Benq LK990 est doté d’un éclairage laser, le constructeur indique une baisse de luminosité plus progressive qu’avec un projecteur à lampe (voir image ci-dessous), avec une perte de 50% au bout de 20 000 h. Donc autant le dire, il y a très peu de risques que vous souffriez d’un manque de luminosité.

Luminosité
Image du BenQ LK990

Profondeur des noirs – Contrastes

Le contraste séquentiel (on/off) natif tourne aux alentours des 600:1, ce qui est plutôt mauvais, nous n’allons pas nous le cacher. Mais la situation s’améliore grandement en utilisant le mode « SmartEco » qui permet au contraste séquentiel de grimper à plus de 3000:1.

J’étais assez impatient de voir comment le Benq LK990 allait se comporter sur la profondeur des noirs, car je savais que c’était son point faible. Eh bien j’ai été favorablement surpris par son comportement dans ce domaine. Certes, le Benq LK990 n’a pas les noirs d’un JVC, mais ce n’est pas du tout catastrophique, bien au contraire ! Le mode « SmartEco » est tout à fait utilisable. Ce dernier joue sur la modulation de la puissance du laser, ainsi la luminosité est maximum pour les scènes claires et est réduite pour les scènes sombres, ce qui donne une profondeur des noirs suffisante pour ne pas être frustré. Le mode « SmartEco » est bien géré c’est-à-dire qu’il engendre très peu d’inconvénients. Par exemple, j’ai vu de légers pompages de luminosité uniquement sur les scènes sombres avec sous-titres, ce qui est plutôt rare. Par conséquent, je recommande ce mode car il change vraiment la donne.

contraste On-Off en Economique

Contraste on-off natif

Contraste On-Off en SmartEco

Le HDR

La gestion du HDR est bonne, mais est perfectible. Vu le prix du Benq LK990, il est tout à fait pertinent de l’associer à un processeur vidéo madVR Envy Pro, et là les images HDR prennent une toute autre dimension !

Colorimétrie

Le Benq LK990 n’est pas un champion de la colorimétrie, mais il reste correct. Cela dit, on va plus loin dans ce domaine avec les projecteurs à matrices LCD, comme chez Epson, Sony ou JVC, à conditions que ces dernières restent dans un bon état.

Concernant la couverture de l’espace DCI-P3, le Benq LK990 fait mieux que la simple couverture de l’espace Rec.709, mais je suis quand même un peu déçu à ce sujet car il n’arrive pas à passer les 90% du DCI-P3.

Couverture de l'espace de couleur DCI-P3

Couverture de l’espace de couleur DCI-P3

L’avis du testeur, Hervé Thiollier.

Je connaissais les points forts du Benq LK990, comme le piqué par exemple, mais j’avais quelques craintes, notamment en ce qui concerne la profondeur des noirs. Eh bien, j’ai pris une bonne claque visuelle tellement parfois l’image était belle à en couper le souffle ! Il y a longtemps que je n’avais pas ressenti de telles émotions en vidéoprojection ! Pour cela il faut remonter à l’image délivrée par un Sim2 tri-DLP que j’avais vu il y a quelques années et qui était sublime.

Je le disais en préambule, j’ai opté pour ce Benq LK990 afin de l’associer à un écran de 6.58 mètres de base. Pour ce faire, j’avais un budget très serré. Ainsi, je ne pouvais pas consacrer plus de 12 ou 13 k€ au projecteur. Eh bien, la mission fut ardue car quand on veut un piqué 4K, du laser, une luminosité suffisante, la compatibilité HDR et un lens-shift de bonne amplitude, à la fin il ne restait plus que le Benq LK990 ! Mais ce dernier n’a pas été un choix par défaut car il a accompli parfaitement sa mission. Le plus remarquable est que sur un écran aussi grand même les images full HD paraissaient bien nettes !

Je vous garantis, chers lecteurs, que l’image délivrée par ce Benq LK990 surpasse largement l’immense majorité des salles de cinéma payantes !

En savoir plus sur l’installation effectuée avec le BenQ LK990
Image-2 BenQ LK990
Image-1 BenQ LK990
Image-4 BenQ LK990
Voir le BenQ LK990 sur la boutique en ligne

Conclusion

Certes, le Benq LK990 n’a pas que des qualités, mais quand on doit illuminer un écran de grande dimension, tout en ayant un piqué 4K et la compatibilité HDR, son rapport qualité/prix est totalement imbattable ! De quoi se faire bien plaisir sans dépenser des fortunes.

J’ai aimé

  • Le rapport qualité/prix imbattable
  • Le piqué
  • L’éclairage laser
  • Un beau contraste intra-image

J’ai moins aimé

  • Des noirs un peu gris lorsque le mode « SmartEco » est désactivé
  • Des points perfectibles comme la colorimétrie ou la gestion du HDR

Cet article vous a plu ? Partagez-le avec vos amis !

Abonnez-vous à la lettre d’information. 

Recevez le meilleur de l’information home cinéma directement dans votre boîte mail toutes les deux semaines. Vous y trouverez les articles les plus récents (tests, guides, découvertes, etc.), les nouveautés de Home Cinéma Tendances ainsi que les tournées de calibrage prévues par Hervé Thiollier Consulting.

ABONNEZ-VOUS
Herve-THIOLLIER

Cet article a été rédigé par Hervé Thiollier – Expert en cinéma privé – Calibreur vidéo – Revendeur de matériel audio et vidéo toutes marques.

Site web : ht-consulting.pro