Test – Epson TW6800

Enfin un projecteur à matrices LCD de qualité à moins de 2000 € !

 

Introduction

 

On trouve assez peu de projecteurs dans la tranche tarifaire comprise entre 1000 et 2000 €, l’Epson EH-TW6800 est donc le bienvenu pour venir un peu étoffer cette gamme. Et, c’est d’autant plus intéressant qu’Epson est le seul fabricant à proposer des projecteurs à matrices LCD à moins de 2000 €, offrant ainsi une alternative aux projecteurs DLP.

 

Présentation

L’Epson EH-TW6800 est un projecteur Full HD (1920 x 1080 pixels), 3D, à matrices LCD transmissives. Au niveau équipement, il bénéficie d’un lens-shift horizontal et vertical, d’un iris dynamique et d’une interpolation d’image. La lampe est donnée pour une durée de fonctionnement de 5000 h en mode éco. Son prix public est de 1899 €.

 

Rapport de projection : 1,32 à 2,15.

Pour une base de 3 m, il vous faudra donc au minimum 3,96 m de recul (3 * 1,32 = 3,96 m), et au maximum 6,45 m (3 * 2,15 = 6,45 m).

Lens shift +/- 24 % à l’horizontal ; +/- 60 % en vertical.

Le flux lumineux maximum est donné pour 2700 lumen.

Trois niveaux d’éclairage sont disponibles : éco, moyen et haut.

 

Matériel utilisé

  • Un Epson EH-TW6800.
  • Un écran motorisé Xtrem Screen de 2 m de base avec la toile Absolute Reference White 1.0.
  • Un écran Xtrem Screen Zero Frame UBC de 2 m de base avec la toile Daylight Reference 1.1 Gen2.
  • Un écran motorisé Xtrem Screen de 2,50 m de base avec la toile Daylight 0.9.
  • Un lecteur de Blu-Ray Ultra HD Samsung UBD-K8500.
  • Un colorimètre X-Rite i1 Display Pro profilé sur un spectrophotomètre X-Rite i1 Pro.

 

Bruit de fonctionnement

J’ai trouvé l’Epson EH-TW6800 relativement silencieux en mode éco, mais très bruyant à partir du niveau moyen de la lampe.

J’ai effectué quelques mesures au décibelmètre, l’appareil étant placé devant le projecteur à 50 cm. J’ai mesuré le bruit résiduel dans la pièce à 32 dB.

Voici mes mesures :

  • 35,5 dB en lampe éco
  • 42,7 dB en lampe moyen
  • 44,5 dB en lampe haut

Pour rappel, lorsque l’intensité sonore double, le niveau sonore augmente de 3 dB. Cela donne une idée assez précise du vacarme que produit ce projecteur à partir du niveau moyen de la lampe ! Toutefois, il convient de relativiser ce constat car l’Epson EH-TW6800 est déjà tellement lumineux en mode éco qu’il serait étonnant de devoir utiliser les autres niveaux de puissance de la lampe.

Donc, je vous recommande d’utiliser le mode éco, qui est à peine plus bruyant qu’un Sony VPL-VW550Es (à 34 dB en mode bas de la lampe), une référence en termes de silence !

 

Piqué -Netteté

Je qualifierais l’optique de l’Epson EH-TW6800 de qualité moyenne. En effet, la netteté n’est pas parfaitement uniforme. Par exemple, si vous observez la photo ci-dessous, le coin inférieur gauche est plus net que le coin supérieur droit.

Cliquer sur le lien pour découvrir la photo originale

 

Je tiens à préciser que j’ai fait ce constat uniquement à partir de mires de netteté ou en lisant des écritures de menus de différentes sources, mais jamais au cours du visionnage d’un film. Et, de manière assez paradoxale, il m’est même arrivé de trouver certaines images extrêmement piquées. Il faut dire que cette machine est dotée d’un traitement vidéo interne très performant, ce qui permet de renforcer les détails de l’image de façon assez impressionnante. Donc, à part si la netteté est un critère essentiel pour vous, l’Epson EH-TW6800 devrait vous convenir sans aucun problème dans ce domaine.

Par ailleurs, j’ai constaté que l’Epson EH-TW6800 ne gère pas bien du tout les images entrelacées (1080i). Donc, pour palier à ce problème, il faudra placer vos sources en 1080p ou à défaut en 720p.

 

Fluidité

Alors qu’Epson nous avait habitué à une fluidité sans faille pour la plupart de ses vidéoprojecteurs, ce n’est pas le cas du EH-TW6800. En effet, pour ceux qui sont sensibles aux saccades et aux contours tremblants lors des mouvements de caméra, la seule alternative sera de placer l’interpolation d’image en mode moyen, et par conséquent de supporter quelques rares artefacts de bougé.

Espérons qu’Epson viendra améliorer la situation par de prochaines mises à jour, ce dont je ne doute pas une seconde tellement cette marque a bonne réputation dans ce domaine.

 

Luminosité

Avec quasiment 1200 lumens en mode lampe éco, l’Epson EH-TW6800 peut être qualifié de projecteur lumineux. A titre d’exemple, 700 lumens suffisent pour arroser une toile de gain 1 de 3 mètres de base pour être à la norme de 48 cd/m². Ce projecteur sera donc suffisamment lumineux en mode éco pour éclairer la majorité des écrans home cinéma utilisés en France.

 

Film « Comancheria »

 

Film « Comancheria »

 

Les modes d’éclairage « moyen » et « haut » sont encore plus lumineux, mais je ne vous recommande pas leur utilisation car il provoque un bruit de fonctionnement difficilement compatible avec un usage home cinéma. En outre, vu la qualité moyenne de l’optique de l’Epson EH-TW6800, son utilisation pour des bases supérieures à 3 mètres serait peu judicieuse. Les modes d’éclairage « moyen » et « haut » sont donc quasiment inutiles hormis pour un usage 3D.

Il est parfois reproché aux projecteurs à technologie LCD de manquer d’éclat dans les blancs, contrairement aux projecteurs DLP. Ce n’est pas vraiment le cas de l’Epson EH-TW6800 qui compense largement cela par une forte luminosité.

 

Profondeur des noirs – Contrastes

Quelques rappels pour commencer. Le contraste séquentiel (on dit aussi on/off) permet d’évaluer la profondeur des noirs des scènes sombres. Pour ma part, j’estime qu’un contraste séquentiel commence à être bon à partir de 3000:1. Quant au contraste ANSI, qui est mesuré avec une mire comportant une proportion de 50 % de blanc, celui-ci permet d’évaluer le contraste intra-image synonyme de dynamique. Pour ma part, j’estime qu’un contraste ANSI commence à être bon à partir de 300:1.

J’ai mesuré ces contrastes après calibrage. La lampe était en mode éco, l’iris dynamique était désactivé. Le contraste séquentiel était de 1656:1 et le contraste ANSI d’environ 250:1. Ces chiffres n’ont rien d’exceptionnels, surtout concernant le contraste séquentiel, mais ce dernier peut être largement augmenté à l’aide de l’iris dynamique : 5859:1 en mode « normal » et non mesurable par ma sonde en mode « haute vitesse ». Je recommande donc l’utilisation de l’iris dynamique en mode « normal », car dans ce cas, les « effets de pompage » de la luminosité sont infimes, cet outil est donc parfaitement exploitable. En outre, j’ai pu vérifier que l’iris dynamique en mode « normal » n’a pas d’impact négatif sur le contraste ANSI, ce dernier restant vers 250:1.

 

Film « Seul contre tous »

 

Concernant le contraste ANSI, avec environ 250:1, certes on est loin des valeurs atteintes par certains projecteurs DLP, mais il n’est pas si mal pour un projecteur à technologie LCD. Au passage, les projecteurs JVC ou l’Epson EH-LS10000 ne font pas mieux dans ce domaine. Par ailleurs, la forte luminosité de l’Epson EH-TW6800 vient compenser cette valeur moyenne du contraste ANSI, en donnant une illusion de dynamique. Mais ceci n’est qu’un trompe l’oeil, seul un fort contraste ANSI est un gage de réelle dynamique d’image.

Outre l’activation de l’iris dynamique, un filtre gris neutre ND2 (à placer devant l’objectif) peut aussi être utilisé pour abaisser la résiduelle de noir. Comment cela fonctionne t-il ? C’est simple, un tel filtre divise par 2 la luminance de l’image. Ainsi, la résiduelle de noir est divisée par 2, et les noirs seront donc deux fois plus profonds, ce qui se remarque immédiatement. Et, en même temps qu’il améliore les noirs, ce genre de filtre rend aussi l’image deux fois moins lumineuse, ce qui peut améliorer le confort de visionnage, notamment pour les écrans de petite base. J’ai testé ce genre de filtre avec l’Epson EH-TW6800. Pour ce projecteur très lumineux et nativement peu contrasté, ce filtre apporte un vrai plus au niveau de la densité des noirs. Il constitue donc une solution intéressante pour les petites bases d’écran, surtout qu’il ne coûte qu’une trentaine d’euros et qu’il peut être retiré lors des séances 3D.

Vous pouvez lire ici le test du filtre Hoya ND2.

 

Epson EH-TW6800 et toiles Daylight

L’Epson EH-TW6800 ne produisant pas nativement de bons noirs, son association avec une toile Daylight est évidemment une bonne idée, et ça fonctionne bien, sans faire de miracles, bien sûr. Mais le plus marquant est l’extrême discrétion des paillettes avec ce projecteur, tout comme c’était déjà le cas avec le EH-TW7300 ou le EH-TW9300. C’est évidemment un pur hasard, mais depuis quelques temps, on dirait qu’Epson développe des projecteurs spécifiquement pour être utilisés avec des toiles grises techniques tellement l’effet de paillettes est réduit !

 

 

Colorimétrie

La colorimétrie de cet Epson EH-TW6800 est un pur bonheur ! Elle est relativement juste en sortie de carton sur le mode usine « naturel ». En outre, le calibrage de ce projecteur est d’une facilité déconcertante. Bravo Epson !

 

Pré-calibrage

Pour le gamma et l’échelle de gris, c’est quasiment parfait. Le gamma est à une moyenne de 2,4 et la température de couleur moyenne est à 6524 K, avec un DeltaE à 1,5 pour l’échelle de gris. Si ça pouvait toujours être comme cela …

 

Nous voyons des petits problèmes sur le vert et le magenta, mais c’est quand même très bon en sortie de carton.

 

 

Post-calibrage

Le gamma est toujours à une moyenne de 2,4 et la température de couleur moyenne est maintenant à 6545 K, avec un DeltaE qui est descendu à 1,1 pour l’échelle de gris.

 

Le problème sur le vert n’a pas pu être complètement rattrapé, mais le résultat global est très satisfaisant avec un Delta E à 0,67.

 

Les saturations à 75% sont quasi parfaites, à part pour le vert comme nous l’avons vu précédemment. Les saturations à 100 % sont en revanche un peu moins bonnes, mais il n’y avait rien de choquant visuellement, bien au contraire !

 

 

Les projecteurs Epson sont en général faciles à calibrer, le EH-TW6800 ne déroge pas à la règle. Et le résultat visuel est remarquable. Encore une fois, bravo Epson !

 

 

Impressions subjectives

Certes, l’Epson EH-TW6800 ne délivre pas la plus belle image jamais vue, mais pour 1899 €, on en a vraiment pour son argent. Il vient même concurrencer sans problème des projecteurs dans la tranche tarifaire comprise entre 2000 et 3000 €.

A partir du moment où l’iris dynamique est activé en position « normal », les noirs commencent à être satisfaisants, et l’image est vraiment belle, quelle que soit la clarté de la scène.

 

Pour terminer ce test, je vous propose quelques photos pour le plaisir des yeux.

Le film « Seul contre tous » a la particularité de proposer des images très contrastées qui sont assez bien mises en valeurs par l’Epson EH-TW6800. Jugez-en par vous-même.

 

« Comancheria »

 

« Tron, l’héritage »

 

Le film « The revenant » présente des images avec une teinte froide qui sont bien mises en valeur par la forte luminosité de l’Epson EH-TW6800.

 

« Nightcall »

 

Toujours avec le film « Nightcall », ces photos montrent que l’Epson s’en tire plutôt bien avec des scènes de contre-jour.

 

Conclusion

L’Epson EH-TW6800 est avant tout un bon rapport qualité/prix, mais il est surtout un candidat très sérieux au titre de meilleur projecteur home cinéma à matrices LCD à moins de 2000 €. Et, il faut bien reconnaître que dans cette catégorie, les projecteurs home cinéma digne de ce nom ne sont pas légion !

Donc, pour ceux qui sont sensibles à l’effet d’arc-en-ciel généré par les projecteurs mono-DLP, ou tout simplement pour ceux qui voudraient disposer d’un vrai lens-shift, cet Epson EH-TW6800 pourrait bien s’avérer comme un choix des plus judicieux.

 

Je remercie chaleureusement Epson France pour le prêt de ce projecteur.

 

Les plus

  • Le rapport qualité/prix.
  • L’équipement : lens-shift, iris dynamique exploitable, traitement vidéo performant et interpolation d’image.
  • La forte luminosité.
  • Le silence de fonctionnement en mode lampe éco.
  • Le faible coût de revient des lampes (5000 h en mode éco et environ 107 € pour une lampe de remplacement).

 

Les moins

  • Une qualité d’optique moyenne (inférieure à celle des EH-TW7300 et EH-TW9300).
  • Pas d’iris fixe permettant de juguler la forte luminosité.
  • Le bruit de fonctionnement des modes de lampe « moyen » et « haut ».

 

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Cet article a été rédigé par Hervé Thiollier, consultant / installateur home cinéma.

Site web : ht-consulting.pro

2 pensées sur “Test – Epson TW6800

  • 27 mars 2017 à 11 h 38 min
    Permalink

    Merci pour ce test très explicite et pour vos qualités de vulgarisateur.

    Je possède actuellement un écran Xtrem Screen daylight 0.9 en 2.20 m de base. Mon VP (Benq W1300) est positionné à 4 m de l’écran et le canapé à 3 m voire 3.50 m. je suis dans une salle non dédié que je peux aisément mettre dans la pénombre.
    Je souhaite monter en gamme en VP et cet Epson m’attire. En revanche son côté très lumineux m’interpelle car j’ai peur de me trouver avec une image trop lumineuse. Pour information j’utilise mon VP aussi pour visionner la TV (lampe 3700h00 en 3 ans) et avec mon BenQ les émissions sont à mon gout trop lumineuses.

    Mes questions :
    Comparé à mon BenQ W1300 vais-je vraiment voire une différence en terme d’image ?
    Au regard de la configuration de ma salle et de mon écran cet Epson est-il adapté et ne sera-t-il pas trop lumineux ?
    Comparé à un Sony VPL-HW45ES l’image délivrée par l’Epson EH-TW 6800 est-elle vraiment en dessous ?
    Des six VP de votre guide d’achat lequel ou lesquelles me conseillerez-vous au regard de la configuration de ma salle ?

    Merci

  • 27 mars 2017 à 17 h 44 min
    Permalink

    S’il s’agit de monter en gamme, autant avoir de bien meilleurs noirs qu’avec le Benq W1300 ! Malheureusement, ce n’est pas ce TW6800 qui serait le meilleur choix car il est bien trop lumineux pour 2,20 m de base, et ce n’est pas non plus un champion des noirs. En revanche, le Sony VPL-VW45ES serait un bien meilleur choix car son contraste séquentiel natif est des plus corrects (entre 4000:1 et 10 000:1, suivant le mode usine utilisé).

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