Test – Benq W2700

En progrès mais peut mieux faire !

Contexte

Le Benq W2700 est un projecteur très attendu, mais sans vouloir déflorer la teneur de ce test, j’ai bien peur qu’il y ait quelques déçus. En effet, sur le papier les caractéristiques sont alléchantes : nouvelle puce 0.47 pouces de Texas Instrument sans « cadre lumineux », iris dynamique mécanique, interpolation d’image, optique en verre de bonne facture, forte luminosité de 2000 lumens, etc. Mais de belles promesses ne font pas toujours une belle image ! Qu’en est-il du Benq W2700 ? Voyons cela sans plus attendre.

Présentation du Benq W2700

Le Benq W2700 est un projecteur mono-DLP Full HD à simulation 4K, équipé d’une puce 0.47 pouces de Texas Instrument. Celle-ci dispose nativement d’environ 2 millions de pixels (comme pour n’importe quel projecteur Full HD), mais la résolution Ultra HD (environ 8 millions de pixels) est obtenue par wobulation (procédé XPR de Texas Instrument).

Les équipements :

  • Iris dynamique mécanique
  • Interpolation d’image
  • Petit lens-shift vertical (+10%)
  • Haut-parleurs
  • Technologie CinematicColor
  • Optique entièrement en verre

Quelques caractéristiques marquantes :

  • 2000 lumens
  • Couverture à 95% de l’espace DCI-P3
  • Couleurs justes en sortie de carton grâce à la technologie CinematicColor
  • Mise à jour par clé USB, ne nécessitant pas de retour en atelier (une nouveauté chez Benq !).

Matériel utilisé

  • Un Benq W2700
  • Un écran motorisé Xtrem Screen de 2 m de base avec la toile Absolute Reference White 1.0.
  • Un écran Xtrem Screen Zero Frame UBC de 2 m de base avec la toile Daylight Reference 1.1 Gen2.
  • Un écran motorisé Xtrem Screen Elite In-Ceiling de 2,90 m de base avec la toile Daylight 0.9.
  • Une box multimedia Zidoo X9S.
  • Un spectromètre CR-250RH et un colorimètre CR-100, tous les deux de marque Colorimetry Research.
  • Un générateur de mires Murideo Fresco Six-G

Bruit de fonctionnement

Une fois n’est pas coutume je n’ai pas réalisé de mesures de niveau sonore car celui-ci dépend de la température dans la pièce. Autrement dit le Benq W2700 ne fera pas du tout le même bruit l’été dans une pièce où il fait 30 °C, ou l’hiver avec par exemple 19 °C.

Cela dit, le Benq W2700 n’est pas un projecteur silencieux. J’ai déjà entendu plus bruyant, mais aussi plus silencieux. A titre de comparaison, il produit à peu près le même bruit qu’un Benq W2000.

Piqué – Netteté

Peu importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ! C’est exactement le fond de ma pensée concernant ces puces 0.47 pouces, qui certes sont nativement de résolution Full HD, mais qui permettent parfois d’obtenir un piqué comparable, voire supérieur à celui des projecteurs 4K natifs. C’est ce que j’avais constaté lors des tests du Benq W1700 et du JVC LX-UH1.

Le Benq W2700 est un poil décevant sur ce point. En effet, il passe moyennement la mire ultra HD utilisée habituellement sur Home Cinéma Tendances.

Toutefois, il faut relativiser cette légère déception car sur des images de film le Benq W2700 m’a plutôt laissé une excellente impression concernant le piqué. Ainsi, je n’ai pas ressenti de manque dans ce domaine par rapport aux projecteurs 4K natifs, bien au contraire.

Il est à noter que la netteté m’a semblé bien uniforme sur l’ensemble de l’image, signe d’une optique de qualité !

Fluidité

Sans interpolation d’image la fluidité est perfectible, un peu comme avec un Benq W2000. Mais en activant ce dispositif c’est bien meilleur. Je n’ai pas vu d’artefacts de bougé lorsque l’interpolation d’image est au niveau bas. Ce procédé est plutôt bien réussi, mais sans atteindre la perfection des meilleures marques dans ce domaine.

Luminosité

Voici le point qui m’a le plus déçu !

Mesures réalisées en « sortie de carton »

  • Vivid TV : 745 lumens en lampe normal et 450 lumens en mode éco.
  • Cinéma : 675 lumens en lampe normal et 499 lumens en mode éco.
  • ISF nuit : 865 lumens en lampe normal et 450 lumens en mode éco.

Certes, ce sont des valeurs en sortie de carton, je n’ai pas cherché à obtenir davantage par quelques réglages bien sentis, mais quand on s’attend à avoir près de 2000 lumens, si possible avec des couleurs justes, il y a quand même de quoi être un peu déçu !

Cette faible luminosité est d’autant plus dommageable que beaucoup de gens auraient sans doute été tentés d’associer ce Benq W2700 avec une toile technique, déjà parce que ce projecteur sera souvent utilisé en pièce de vie avec plafond blanc, mais aussi pour renforcer les noirs, et quand on sait que ce genre de toile fonctionne mieux avec des projecteurs lumineux, il y a de quoi rester dubitatif.

Profondeur des noirs – Contrastes

Mesures de contraste on/off après calibration :

  • Natif : 786:1
  • Avec iris dynamique : 2378:1
  • Avec SmartEco (modulation de l’éclairage de la lampe) : 1665:1

Comme pour tous les projecteurs DLP à simulation 4K et à puce 0.47 pouces, le contraste natif est assez catastrophique, avec une valeur bien inférieure à 1000:1. Mais, point très positif, Benq a pensé à équiper son projecteur d’un iris dynamique mécanique. De quoi s’agit-il ? Eh bien, c’est un diaphragme qui s’ouvre lors des scènes claires et qui se ferme lors des scènes sombres, le but étant de renforcer la profondeur des noirs, en particulier pour les scènes les plus sombres. Ce dispositif est selon moi le plus efficace et celui qui crée le moins de désagréments colorimétriques, alors que les procédés consistant à moduler l’éclairage de la lampe (SmartEco chez Benq ou Dynamic Black Chez Optoma) sont beaucoup plus problématiques. Il faut saluer cette initiative car cela permet enfin de disposer de noirs corrects dans les scènes les plus sombres, sans provoquer de défauts rédhibitoires.

Toutefois, j’ai regretté que cet iris soit utilisé en permanence, et pas seulement pour les scènes sombres, ce qui provoque des petits pompages de luminosité très fréquemment. Je me suis entretenu de cela avec le chez produit, en lui suggérant qu’il aurait peut-être été plus pertinent de se restreindre aux scènes passant en dessous d’un certain niveau de luminosité moyenne, ce qui aurait augmenté la discrétion de ce dispositif. Il en a pris note, et espérons qu’il sera tenu compte de mes desiderata. En tout cas, j’ai trouvé que le fonctionnement de cet iris était plutôt réussi, et je l’ai utilisé systématiquement lors de visionnages de films. C’est selon moi un des gros points forts de ce projecteur !

Pour finir ce paragraphe, je signale que Texas Instrument a revu sa copie en faisant disparaître ce fameux « cadre lumineux », constaté lors des tests du Benq W1700 et du JVC LX-UH1, et qui faisait baissé le contraste perçu. Ce problème est donc maintenant de l’histoire ancienne !

Le HDR

C’est maintenant un secret pour personne, la luminosité est une donnée importante afin d’obtenir un HDR convaincant. Alors, quand on sait que le Benq W2700 n’est pas un foudre de guerre dans ce domaine, on comprend très vite qu’il faudra le réserver aux petites bases (moins de 2.50 mètres). Pour ma part, je l’ai testé sur 2 mètres de base, et là, c’était très bien.

Il est à noter que le Benq W2700 dispose de plusieurs courbes de luminances (-2, -1, 0, 1 et 2) ce qui permet d’adapter la luminosité moyenne de l’image à la taille de celle-ci. Saluons cette initiative !

Il est possible d’utiliser un filtre coloré interne qui élargit l’espace de couleur. Et dans ce cas, on obtient comme promis une couverture d’environ 96% de l’espace DCI-P3, mais à quel prix ?

Non seulement l’activation de ce filtre fait perdre de la luminosité (environ 30%), mais il a aussi des conséquences fâcheuses sur la colorimétrie. Jugez-en par vous-même.

Avant calibrage

Après calibrage

Et je ne parle même pas des couleurs, car là c’est pire, je ne suis arrivé à rien de concluant !

Non, très franchement je n’ai pas été convaincu par la pertinence de l’usage de ce filtre, exactement comme c’est déjà le cas avec les Epson EH-TW9300 et EH-TW9400. J’ai donc préféré ne pas l’utiliser, et voici ce que l’on obtient sur l’échelle de gris lorsque l’on s’en passe.

Avant calibrage

Après calibrage

Sans le filtre coloré, le HDR est convaincant, en se limitant à des bases raisonnables (moins de 2.50 mètres).

Colorimétrie

Le SDR

Malgré la promesse faite avec la technologie CinematicColor, la justesse colorimétrique en sortie de carton n’est pas au rendez-vous. Jugez-en par vous-même sur ces relevés.

Après calibration ce n’est pas parfait mais c’est beaucoup mieux. De toute façon, je ne cesse de le répéter, avec ces petits DLP à simulation 4K c’est illusoire de rechercher les performances colorimétriques. On arrive à quelque chose de correct, mais sans plus.

L’avis du testeur, Hervé Thiollier.

Nous avons tous placés trop d’espoirs dans ce projecteur ! Mais attention, je ne voudrais pas qu’on vienne à penser qu’il s’agit d’un test à charge, car le Benq W2700 présente de vraies qualités et de véritables progrès par rapport aux projecteurs similaires commercialisés avant lui. Par exemple, il dispose d’un iris dynamique mécanique efficace, ce qui est unique pour les DLP à simulation 4K en dessous de 2000 € ! Et puis c’est un DLP à roue chromatique RGBRGB, ce qui garantit des performances colorimétriques supérieures à des projecteurs tels que l’Acer M550 ou l’Optoma UHD60, par exemple. Ainsi, ces deux derniers ne sont pas capables de reproduire un vert saturé à 100% dans l’espace Rec.709, ce que le Benq W2700 réalise sans problème !

Le Benq W2700 devient donc selon moi, le meilleur DLP à simulation 4K en dessous de 2000 €. Mais est-ce suffisant pour s’enthousiasmer ? Eh bien non, car il y a de vraies déceptions, à commencer par la faible luminosité. Autant j’accepte des noirs peu profonds sur ce type de projecteur, autant j’ai plus de mal s’il faut faire avec une luminosité en retrait.

Encore une fois, je ne voudrais pas laisser l’impression d’une « attaque en règle » contre ce projecteur, car j’ai quand même passé de bons moments à ses côtés, mais je reste sur ma faim, et je n’ai pas eu la claque visuelle attendue. C’est toujours pareil, quand on attend trop d’un produit prometteur, on est souvent déçu, c’est exactement ce qu’il se passe ici. Et c’est pourquoi j’ai titré : « En progrès, mais peut mieux faire. ».

Point positif à signaler, les mises à jour sont désormais possibles par clé USB, sans nécessité d’un retour en atelier. C’est une grande première chez Benq, et pour toutes les machines comparables. Saluons cette belle initiative !

Conclusion

Faut-il acheter le Benq W2700 ? C’est la question que beaucoup de consommateurs vont se poser, et à laquelle je réponds oui, car il est quasiment sans concurrence concernant les DLP 4K en dessous de 2000 €. Mais il va falloir le réserver à des bases modestes (moins de 2.50 mètres), sinon le manque de luminosité risquerait de se faire sentir au fil du temps lorsque la lampe prendra de l’âge.

J’ai aimé

  • L’iris dynamique efficace, un équipement quasiment indispensable sur ce genre de machine !
  • La présence d’une interpolation d’image (pour cette tranche tarifaire).
  • Le look sympa
  • Une image plus homogène par rapport à tout ce que j’ai connu jusqu’à maintenant avec les DLP 4K à moins de 2000 €.

J’ai moins aimé

La faible luminosité, pour un projecteur qui se veut moderne.

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Faut-il acheter le Benq W2700 ? C’est la question que beaucoup de consommateurs vont se poser, et à laquelle je réponds oui, car il est quasiment sans concurrence concernant les DLP 4K en dessous de 2000 €. Mais il va falloir le réserver à des bases modestes (moins de 2.50 mètres), sinon le manque de luminosité risquerait de se faire sentir au fil du temps lorsque la lampe prendra de l’âge.

J’ai aimé

  • L’iris dynamique efficace, un équipement quasiment indispensable sur ce genre de machine !
  • La présence d’une interpolation d’image (pour cette tranche tarifaire).
  • Le look sympa
  • Une image plus homogène par rapport à tout ce que j’ai connu jusqu’à maintenant avec les DLP 4K à moins de 2000 €.

J’ai moins aimé

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Cet article a été rédigé par Hervé Thiollier – Consultant / installateur home cinéma – Calibreur vidéo – Revendeur de matériel home cinéma toutes marques.

Site web : ht-consulting.pro